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Énurésie

Synonyme de « pipi au lit », l’énurésie est le terme médical pour désigner le fait d’uriner inconsciemment et involontairement durant le sommeil. Plus courante chez les garçons, cette forme d’énurésie se rencontre chez 10 % à 15 % des enfants de cinq ans et chez 6 % à 8 % de ceux de huit ans. Sa fréquence baisse autour de 1 % à 2 % chez les jeunes de 15 ans.

Causes

Elles sont isolées ou associées. Le facteur psychologique intervient surtout dans le cas des énurésies secondaires.

  • Hérédité. Lorsqu’un des parents a lui-même souffert d’énurésie, l’enfant est énurétique dans 44 % des cas. Le risque grimpe à 77 % lorsque les deux parents ont eu le même problème.
  • Trouble hormonal. Certains cas d’énurésie résultent d’un retard de maturation du cycle jour-nuit de sécrétion de l’hormone antidiurétique, qui gère la production d’urine. Normalement, le corps doit augmenter la sécrétion de cette hormone durant la nuit pour ralentir la production d’urine et donc le remplissage de la vessie. Dans le cas contraire, la vessie finit par déborder.
  • Difficulté à se réveiller. Les enfants énurétiques n’ont pas un sommeil plus profond que les autres, mais se réveillent plus lentement quand ils sentent que leur vessie est pleine et qu’il faut aller la vider. Parfois, ils rêvent même qu’ils vont aux toilettes.
  • Immaturité vésicale. L’énurésie primaire résulte de ce qu’on appelle « l’immaturité vésicale », c’est-à-dire d’un retard physiologique des réflexes neuromusculaires contrôlant la vessie.
  • Uropathie congénitale.
  • Trouble affectif. Il peut s’agir d’un trouble affectif ou d’un « refus de grandir ». Tout changement ou stress important est susceptible de déclencher une énurésie chez un enfant propre : naissance d’un autre enfant, difficultés familiales ou scolaires, divorce des parents, changement d’école, violence sexuelle, intimidation grave par d’autres enfants, etc. Les troubles affectifs expliquent surtout les énurésies secondaires. Par ailleurs, ils peuvent aussi apparaître avec la persistance d’une énurésie primaire, ce qui aggrave parfois la maladie.
  • Trouble organique ou maladie. L’énurésie peut être un symptôme de trouble organique ou maladie, parmi lesquels : diabète sucré ou insipide, malformation de l’appareil urinaire d’origine congénitale, infection urinaire.

Conseils thérapeutiques

Les mesures initiales permettent d’éliminer l’énurésie  primaire isolée dans environ 30 % des cas, mais surtout armez-vous de patience.

  • Vérifier l’hygiène mictionnelle de l’enfant : organisation des mictions (6 mictions par jour en moyenne), qualité de la miction (pour les filles, bien assise pieds posés, et prendre le temps de vider), apport  hydrique suffisant dans la journée pour obtenir une bonne restriction hydrique le soir, qualité des boissons (réduire la consommation de produits à base de caféine : boissons gazeuses de type cola, chocolats chauds et barres de chocolat.) 
    – Rappeler à l’enfant de ne pas boire dans les deux à trois heures précédant le coucher;
    – Lui recommander de bien se vider sa vessie avant d’aller au lit.
  • Veiller à ce que votre enfant aille à la selle régulièrement, adapter l’alimentation et traiter la constipation si besoin.
  • Préserver l’estime de soi, impliquer l’enfant dans le traitement et dédramatiser
  • Ne pas punir, culpabiliser ou ridiculiser l’enfant. Créer de l’anxiété chez l’enfant ne peut qu’aggraver le problème. Il faut plutôt lui expliquer en termes simples ce qu’il se passe pour qu’il puisse suivre les recommandations qu’on lui fera ; utiliser éventuellement un support tel qu’un livre (adapté à l’âge) pouvant donner les explications.
  • Ne pas forcer l’enfant à porter des couches en raison de leur connotation infantilisante. Avec son accord, on peut lui faire porter des sous-vêtements absorbants.
  • Améliorer  la capacité de réveil en instaurant dans un premier temps un réveil matinal autonome avec une alarme. Des que l’enfant est réveillé, il doit aller uriner. Dans cette voie, supprimer les couches va faciliter le réveil autonome la nuit.
    – Adapter les modalités de couchage (ne pas dormir en hauteur, si les toilettes sont loin mettre un pot dans la chambre, éviter le coucher tardif qui va rendre difficile le réveil nocturne en cas de besoin)
    – Installer une chaise d’aisance ou un petit pot et laisser une veilleuse allumée près du lit de l’enfant pour l’inciter à se lever en cas de besoin (ce qui sera d’ailleurs particulièrement indiqué si l’enfant a peur du noir et qu’il craint d’aller seul aux toilettes)
    – Lui expliquer et lui rappeler l’importance de se lever durant la nuit dès qu’il ressent le besoin d’uriner
    – Faire participer l’enfant au lavage des draps ou vêtements mouillés dès son lever. Il devrait aussi remplacer lui-même sa literie.
  • Faciliter la vie de l’enfant et des parents en protégeant le matelas avec une housse faite de vinyle.
  • AcupunctureL’approche traditionnelle de l’acupuncture en cas d’énurésie primaire persistante serait efficace.
  • Rééducation vésico-sphinctérienne, en particulier le biofeedback qui permettrait de soigner l’énurésie causée par un manque de coordination nerveuse des muscles du système urinaire. Il se pourrait que le biofeedback traite plus rapidement l’énurésie secondaire que l’énurésie primaire. La rééducation est un traitement intéressant dans l’immaturité vésicale, en association avec le traitement relaxant musculaire. Elle ne peut être proposé que chez les enfants suffisamment matures soit à partir de 7 ans environ.
  • Hypnose et autohypnose. L’efficacité de l’hypnothérapie a été démontrée pour traiter plusieurs troubles physiques ayant une cause psychologique et pour contrôler l’anxiété. Elle aiderait à traiter l’énurésie, tout comme l’autohypnose, car les enfants sont plus en contact avec leur imagination que les adultes.
  • Homéopathie. 
  • Thermalisme. Le traitement thermal de l’énurésie fait appel à des psychologues qui aideront l’enfant à réapprendre le contrôle de sa miction. Le but est de dédramatiser la situation et de permettre à l’enfant de se reprendre progressivement en charge, autant sur le plan psychologique que physique. La durée du traitement dure en moyenne quelques semaines.

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