Le terme « phobie » renvoie à un vaste ensemble de troubles psychologiques, comme l’agoraphobie, la claustrophobie, la phobie sociale, etc. Une phobie est caractérisée par la peur irrationnelle d’une situation particulière, comme la peur de prendre l’ascenseur, ou d’un objet spécifique, comme la peur des araignées. Mais la phobie se situe au-delà d’une simple peur : c’est une véritable angoisse qui s’empare des personnes qui y sont confrontées. La personne phobique est tout à fait consciente de sa peur. Par conséquent, elle tente d’éviter, par tous les moyens, la situation ou l’objet redouté.
Causes
La phobie est bien plus qu’une peur, c’est un véritable trouble anxieux. Certaines phobies se développent plus facilement pendant l’enfance, comme l’angoisse d’être séparé de la mère, alors que d’autres surviennent plutôt à l’adolescence ou à l’âge adulte. Il faut savoir qu’un événement traumatisant ou un stress très intense peuvent être à l’origine de l’apparition d’une phobie.
Les phobies simples se développent souvent durant l’enfance. Les symptômes classiques peuvent débuter entre 4 et 8 ans. La plupart du temps, ils font suite à un événement vécu par l’enfant comme désagréable et stressant. Parmi ces événements figurent par exemple, une visite médicale, une vaccination ou une prise de sang. Les enfants ayant été pris au piège dans un espace fermé et sombre suite à un accident risqueraient eux de développer par la suite une phobie des espaces clos, appelée claustrophobie. Il est également possible que les enfants développent une phobie « par apprentissage » s’ils sont au contact d’autres personnes phobiques dans leur environnement familial. Par exemple, au contact d’un membre de la famille ayant peur des souris, l’enfant peut développer lui-aussi une peur des souris. En effet, il aura intégré l’idée qu’il faut en avoir peur.
L’origine des phobies complexes sont plus difficiles à identifier. De nombreux facteurs (neurobiologiques, génétiques, psychologiques ou environnementaux) semblent jouer un rôle dans leur apparition.
Certaines études ont montré que le cerveau humain serait en quelque sorte « préprogrammé » pour ressentir certaines peurs (serpents, obscurité, vide, etc…). Il semblerait que certaines peurs fassent parties de notre patrimoine génétique et c’est certainement elles qui nous ont permis de survivre dans l’environnement hostile (animaux sauvages, éléments naturels, etc) dans lequel évoluaient nos ancêtres.
Conseils thérapeutiques
La prévention passe avant tout par la prise en charge précoce de ce trouble. Si vous souffrez d’une peur et que celle-ci impacte votre qualité de vie et vous empêche de faire certaines choses, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.
Les thérapies cognitivo- comportementales ont montré leur efficacité. Le thérapeute aide la personne phobique à affronter sa peur en l’exposant progressivement à l’objet ou à la situation redoutée. Cette exposition est mise en place via la visualisation ou l’imagerie mentale.
Les techniques de Thérapie en Réalité Virtuelle (TRV) sont utilisées depuis plusieurs années en psychiatrie. Grâce à un système de lunettes 3D, le patient est immergé dans une réalité virtuelle contrôlée par le thérapeute.
L’EMDR, ou l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires, est un outil thérapeutique développé à l’origine pour traiter les personnes souffrant de Troubles de Stress Post-traumatique (TSPT), il semble avoir un bon taux de réussite dans le traitement des phobies simples.
Dans ce cadre, le thérapeute demande à son patient de penser à une situation qui lui pose problème en même temps qu’il lui demande de fixer un objet en mouvement. Les saccades oculaires rapides induites par le mouvement de balancier contrôler par le thérapeute stimuleraient le passage d’informations problèmes dans de nouvelles zones cérébrales.